Installer deux Wallbox dans un même garage peut sembler aussi simple que de raccorder deux appareils à une alimentation commune. Pourtant, une borne de recharge pour véhicule électrique sollicite durablement l’installation : raccorder les deux équipements au même disjoncteur de circuit peut entraîner des déclenchements, une surchauffe ou une protection inadaptée. La solution consiste à distinguer l’alimentation générale, la répartition en aval et les circuits dédiés à chaque borne, puis à tenir compte de la puissance disponible et des usages du logement.
La réponse dépend donc de ce que désigne l’expression « même disjoncteur ». Un disjoncteur de branchement, en tête de l’installation, n’a pas la même fonction qu’un disjoncteur divisionnaire qui protège un circuit précis dans le tableau. Deux Wallbox peuvent relever d’une alimentation commune conçue pour les accueillir, mais chacune doit disposer d’un départ et de protections adaptés. Une gestion dynamique de charge peut ensuite répartir la puissance entre les véhicules sans faire dépasser la capacité de l’installation.
Installation de deux Wallbox : pourquoi un seul disjoncteur de circuit ne convient généralement pas ?
Dans le langage courant, « brancher deux bornes sur le même disjoncteur » peut désigner plusieurs montages très différents. Il peut s’agir de placer deux conducteurs sous la même borne aval, d’alimenter deux Wallbox par un seul câble ou de partir d’une alimentation commune avant de créer deux circuits protégés séparément. Or, ces solutions n’offrent ni le même niveau de sécurité ni les mêmes garanties de conformité. Pour mieux comprendre les équipements disponibles, consultez notre guide sur la borne de recharge pour véhicule électrique. Le point déterminant reste de savoir si chaque borne dispose d’un circuit électrique adapté et de protections dimensionnées pour son installation.
Le rôle du disjoncteur et le dimensionnement du circuit
Un disjoncteur divisionnaire protège les conducteurs du circuit contre les surintensités. Il doit être adapté à leur section, à leur longueur, à leur mode de pose et au courant demandé par la charge. Si deux bornes sont raccordées au même départ sans répartition ni protections adaptées, leur consommation cumulée peut dépasser les capacités du circuit et de son disjoncteur. Celui-ci peut alors couper l’alimentation. Si le montage est mal conçu ou si une borne de raccordement est inappropriée, un échauffement local peut également se produire.
Pourquoi la recharge d’un véhicule électrique exige une attention particulière
Une borne de recharge ne fonctionne pas comme un appareil utilisé quelques minutes de manière occasionnelle. Elle peut appeler une puissance importante pendant plusieurs heures, notamment la nuit, alors que d’autres équipements du logement restent actifs. Un câble ou une connexion qui semble fonctionner à faible charge n’est donc pas nécessairement adapté à une utilisation prolongée.
La sécurité électrique repose sur l’ensemble de l’installation : câble, raccordements, disjoncteur, protection différentielle et caractéristiques du matériel. Le dimensionnement et le choix des protections doivent tenir compte des caractéristiques des bornes et des exigences réglementaires applicables.
Installation électrique : distinguer disjoncteur de branchement et disjoncteur divisionnaire
Le disjoncteur de branchement, parfois appelé par habitude « disjoncteur EDF », constitue l’appareil général de coupure et de protection de l’installation. Il ne doit pas être confondu avec les disjoncteurs divisionnaires du tableau, qui protègent les différents circuits intérieurs. Une alimentation commune peut être organisée en aval de l’appareil général au moyen d’un dispositif de répartition adapté, mais cela ne signifie pas que les deux Wallbox peuvent être raccordées directement à une même borne ou à un même départ sans protections individuelles.
Dans une installation conçue pour deux points de recharge, le principe est plutôt de partir d’une alimentation correctement dimensionnée, puis de créer une répartition protégée vers deux départs. Chacun rejoint sa borne avec des conducteurs et une protection correspondant au courant prévu. Le schéma précis dépend de l’emplacement du tableau, de la distance jusqu’au garage, de la puissance des appareils et des règles applicables à l’installation. Le dessin ci-dessous représente un principe d’organisation, et non un plan de câblage prêt à exécuter.
Disjoncteur de branchement → alimentation en aval → coffret ou dispositif de répartition → protection du départ A et protection du départ B → circuits dédiés → Wallbox A et Wallbox B.
Un autre choix consiste à créer les deux départs depuis le tableau principal, ou à en créer un depuis un tableau secondaire correctement alimenté. Dans les deux cas, la répartition ne remplace pas les dispositifs de protection requis. Un bornier supplémentaire, à lui seul, ne protège ni les câbles ni les bornes contre les défauts électriques.
Protection contre les surintensités : organiser deux départs conformes
La protection contre les surintensités doit être déterminée à partir des caractéristiques réelles du circuit, et non choisie uniquement parce qu’un disjoncteur semble disponible dans le tableau. Le professionnel vérifie notamment le courant maximal de chaque Wallbox, la section et la longueur des conducteurs, leur mode de pose, les conditions de regroupement des câbles ainsi que la chute de tension. Une installation en apparent dans un garage proche du tableau ne présente pas les mêmes contraintes qu’une liaison longue passant dans des conduits ou des espaces isolés.
La protection différentielle répond à une autre fonction : elle participe à la protection des personnes en cas de défaut d’isolement. Le dispositif requis dépend du modèle de borne, de sa détection intégrée éventuelle et des prescriptions du fabricant ainsi que des règles en vigueur. Il ne faut donc pas choisir une protection uniquement d’après une recommandation générique trouvée en ligne. Les caractéristiques de chaque Wallbox et la configuration du tableau doivent être vérifiées ensemble.
Raccordement des conducteurs : éviter les connexions improvisées
Pourquoi le raccordement de deux fils sous une même borne peut poser problème
Deux fils qui entrent physiquement sous une vis ne constituent pas nécessairement un raccordement sûr. La borne peut ne pas être conçue pour recevoir deux conducteurs, et une pression inégale ou un mauvais serrage peut fragiliser le contact. Sous une charge prolongée, un raccordement défaillant risque de chauffer, même si l’installation fonctionne correctement au début. Le serrage mécanique apparent ne garantit donc pas la qualité ni la durabilité de la connexion.
Ce que prévoit la fiche SéQuélec n° 2
La fiche SéQuélec n° 2, dans sa version de juin 2021, indique un conducteur par borne pour un raccordement neuf. Pour certaines situations existantes, elle envisage l’utilisation d’un embout double sertissant deux conducteurs, à condition qu’un seul élément mâle soit destiné à entrer dans la borne et que les capacités du matériel soient respectées.
Cette indication ne constitue pas une autorisation générale de placer deux fils quelconques sous une même vis. La compatibilité de l’embout, des conducteurs et de la borne doit être vérifiée avant toute intervention.
Quelles précautions pour garantir la conformité de l’installation ?
Cette fiche constitue un repère technique daté, mais ne certifie pas, à elle seule, la conformité d’un projet aux exigences actuelles. Les prescriptions applicables, la documentation du fabricant et les règles de mise en œuvre doivent également être prises en compte.
Les parties plombées et les raccordements situés en amont du disjoncteur de branchement ne se modifient pas comme un circuit intérieur. Toute intervention doit être préparée en tenant compte des risques électriques et réalisée hors tension par un électricien qualifié.
Quelles configurations de raccordement privilégier ?
Pour clarifier les choix possibles, le tableau suivant compare les configurations rencontrées. Il ne remplace pas l’étude de l’installation : deux équipements de puissance identique peuvent nécessiter des solutions différentes selon la distance, le tableau électrique existant et la capacité de l’abonnement.
| Montage envisagé | Point à vérifier | Principe prudent |
|---|---|---|
| Deux conducteurs sous une même borne | La borne accepte-t-elle ce raccordement ? | Ne pas considérer la borne comme un répartiteur universel |
| Une alimentation vers un répartiteur | Capacité du coffret, des conducteurs et du dispositif | Créer ensuite des départs protégés séparément |
| Deux bornes alimentées depuis le tableau principal | Puissance disponible et protections de chaque liaison | Prévoir un circuit dédié par borne selon le projet |
| Deux véhicules en charge simultanément | Somme des puissances et usages du logement | Prévoir un pilotage si la puissance disponible est limitée |
Ce principe de séparation des circuits permet de traiter correctement les risques avant même de choisir le mode de pilotage des deux bornes.
Dimensionnement électrique : adapter les circuits à la puissance de recharge
Le dimensionnement électrique ne se limite pas à additionner les puissances inscrites sur les Wallbox. Il faut d’abord établir ce que l’installation peut réellement fournir et ce que les véhicules demanderont en même temps. Une borne réglée à une puissance élevée ne consomme pas nécessairement cette puissance à chaque instant, mais le circuit et les protections doivent être conçus en fonction des conditions prévues par le projet et des limites du matériel.
La puissance de recharge s’ajoute aux usages domestiques susceptibles de fonctionner simultanément : chauffage, chauffe-eau, plaques de cuisson, four, pompe à chaleur ou appareils d’atelier. Par exemple, deux véhicules branchés en soirée peuvent coïncider avec la préparation du repas et le fonctionnement du chauffage. À l’inverse, programmer les recharges pendant une période où les autres usages sont faibles peut réduire la pointe appelée. Cette diversité d’usages, parfois appelée foisonnement, explique pourquoi deux maisons avec le même abonnement ne présentent pas forcément les mêmes besoins.
Puissance disponible : raisonner sur l’ensemble de l’habitation
Évaluer la puissance nécessaire aux usages simultanés
Pour établir un premier diagnostic, on relève les appareils susceptibles de fonctionner ensemble, puis on compare leur puissance cumulée à la puissance souscrite et aux capacités de l’installation. À titre de repère, un abonnement de 6 kVA correspond à une puissance apparente souscrite de 6 kVA, soit environ 6 000 VA. Une Wallbox annoncée à 7,4 kW ne peut donc pas être considérée comme compatible d’office avec ce niveau d’abonnement si elle doit fonctionner à pleine puissance pendant que d’autres appareils sont utilisés.
Tenir compte du type d’alimentation et de l’équilibre des phases
La comparaison doit toutefois tenir compte du nombre de phases, du réglage réel de la borne et du pilotage éventuel de la recharge. En triphasé, la puissance totale souscrite ne garantit pas que chaque phase peut recevoir n’importe quelle charge : une mauvaise répartition peut provoquer une surcharge sur une phase alors que la puissance globale paraît suffisante. Le professionnel examine ainsi l’équilibre des phases, le calibre des protections et les limites de la borne, plutôt que de se fier à un seul chiffre indiqué sur le contrat.
Adapter la section du câble à la distance et au mode de pose
La longueur du câble compte également. Un garage éloigné du tableau, une liaison passant dans un conduit déjà occupé ou un câble posé dans un environnement chaud peuvent modifier le choix de la section. Deux garages dont l’éclairage et les prises sont identiques peuvent donc nécessiter des liaisons différentes si l’un jouxte le tableau et si l’autre se trouve au fond d’une dépendance. C’est l’intensité prévue, la distance, le mode de pose, la chute de tension et les protections qui guident la décision.
Les informations à préparer avant de demander un devis
Avant de demander un devis, il est utile de préparer une description concrète des lieux et des usages. Les éléments suivants aident l’électricien à évaluer le projet sans se limiter à la puissance nominale des bornes :
- La puissance de recharge : la puissance maximale prévue pour chaque Wallbox et le nombre de véhicules à recharger simultanément.
- La configuration des lieux : la distance entre le tableau électrique et chaque emplacement, ainsi que le cheminement envisagé pour les câbles.
- Les consommations du logement : les équipements domestiques susceptibles de fonctionner pendant les périodes de recharge.
- Le type d’alimentation : monophasée ou triphasée, ainsi que la puissance souscrite au contrat.
Cette préparation évite de choisir une section de câble par analogie avec une installation voisine. Le bon dimensionnement découle des caractéristiques de votre propre logement.

Gestion dynamique de charge : faire fonctionner deux bornes sans dépasser la capacité
Lorsque deux Wallbox sont utilisées simultanément, la gestion dynamique de charge peut répartir la puissance disponible entre elles et les autres usages du logement. Un dispositif de mesure suit la consommation globale, puis adapte la puissance envoyée aux bornes selon la marge restante. Si le chauffage démarre ou si les plaques de cuisson sont utilisées, la recharge peut être réduite temporairement ; lorsque ces appareils s’arrêtent, la puissance disponible pour les véhicules peut augmenter.
Cette fonction ne transforme pas un circuit sous-dimensionné en installation sûre. Chaque borne doit toujours être raccordée à un circuit électrique dédié, protégé et dimensionné pour les caractéristiques prévues. Le pilotage agit sur la puissance consommée, mais ne remplace ni un disjoncteur pour borne de recharge adapté ni une protection différentielle conforme à l’équipement et aux règles applicables. Il faut également vérifier que les deux Wallbox et le système de commande sont compatibles et que le dispositif de mesure surveille bien les limites pertinentes de l’installation.
Pilotage des recharges : répartir la puissance entre deux véhicules
Adapter la puissance aux besoins de chaque véhicule
Dans une maison où un véhicule rentre tôt et l’autre plus tard, le pilotage peut attribuer davantage de puissance à la première voiture, puis rééquilibrer la répartition lorsque la seconde est branchée. Si les deux véhicules sont connectés en même temps, le système peut partager la capacité disponible ou donner la priorité à l’un d’eux. Le réglage dépend des habitudes de déplacement : un véhicule qui doit repartir à l’aube peut recevoir une priorité différente de celui qui reste stationné jusqu’au lendemain après-midi.
Programmer les sessions pour limiter les pointes de consommation
La recharge programmée offre une autre possibilité. Décaler les sessions pendant les périodes où les équipements domestiques consomment moins peut éviter des pointes simultanées et, dans certains cas, rendre inutile une augmentation immédiate de la puissance souscrite.
Les données consultables sur le compteur Linky et dans l’espace client peuvent aider à repérer les périodes de forte consommation. Elles donnent une vue de l’utilisation réelle de l’électricité, mais doivent être interprétées en tenant compte des caractéristiques techniques du circuit et des bornes.
Vérifier la compatibilité du système de pilotage
Le pilotage exige une installation cohérente. Les bornes doivent pouvoir communiquer avec le dispositif de gestion, les mesures doivent être réalisées au bon endroit et les réglages doivent respecter la limite de puissance retenue. Un système qui ne mesure qu’une partie des usages risque de mal évaluer la marge de puissance restante.
C’est pourquoi le choix du matériel et son paramétrage doivent être intégrés au projet électrique dès le départ, plutôt que d’être ajoutés après l’installation.
Deux Wallbox intelligentes de la même marque peuvent simplifier la coordination si elles sont conçues pour fonctionner ensemble. Toutefois, leur appartenance à une même gamme ne garantit pas leur compatibilité avec tous les tableaux électriques ou tous les abonnements. Il faut consulter les notices et vérifier les fonctions réellement prises en charge.
L’essentiel est de distinguer la régulation de puissance, qui gère les appels simultanés, des protections électriques, qui préviennent les défauts et protègent les conducteurs.
Le pilotage est donc un outil de répartition de la puissance, et non un moyen de raccorder deux bornes derrière une protection inadaptée.
Norme NF C 15-100 : vérifier le projet avant l’installation de deux Wallbox
Respecter les règles électriques applicables
La norme NF C 15-100 encadre les installations électriques des bâtiments et doit être considérée avec les textes et prescriptions applicables au moment des travaux. Pour un projet de recharge, l’électricien vérifie les règles pertinentes concernant les circuits, les protections, le tableau électrique et le raccordement des équipements.
La conformité ne peut pas être déduite d’une simple photographie du disjoncteur ni de la seule section du câble. Elle dépend de l’ensemble de l’installation et de ses conditions d’utilisation.
Avant les travaux, le professionnel peut examiner le tableau, l’état des connexions, la capacité disponible, le type d’alimentation et la possibilité de créer les départs nécessaires. Il tient également compte des instructions du fabricant de chaque borne, car les prescriptions peuvent varier selon les dispositifs intégrés.
La présence de fonctions de détection ou de commande dans une Wallbox ne signifie pas qu’aucune protection complémentaire n’est nécessaire.
Préparer un raccordement clair et accessible
Un schéma de principe facilite les échanges avec l’installateur. Il indique le tableau électrique d’origine, le trajet des câbles, l’emplacement de chaque borne et la manière dont l’alimentation pourra être coupée lors d’une intervention.
Si un tableau secondaire est nécessaire dans le garage, il faut également définir son alimentation et les protections associées. Une installation lisible est plus facile à contrôler, à dépanner et à faire évoluer si un troisième véhicule ou un autre usage important s’ajoute ultérieurement.
Anticiper les contraintes d’une installation en copropriété
Dans une copropriété, le projet peut concerner des parties privatives et parfois des équipements communs, comme le cheminement des câbles ou l’alimentation électrique générale. Les démarches à accomplir dépendent de la configuration de l’immeuble et de la nature des travaux.
Il est donc préférable de clarifier en amont les règles applicables auprès des interlocuteurs compétents, plutôt que de découvrir une contrainte liée au passage des câbles une fois l’équipement commandé.
Évaluer la puissance souscrite et les besoins du logement
Une augmentation de la puissance souscrite peut être envisagée si l’inventaire des usages montre que l’abonnement actuel ne suffit pas. La demande passe par le fournisseur d’électricité, qui sollicite ensuite Enedis pour le changement correspondant.
Avec un compteur Linky, certaines opérations peuvent être effectuées à distance. Les délais et modalités dépendent toutefois de la demande et de la situation du raccordement.
Relever la puissance consommée peut éclairer la décision, mais ne remplace pas le contrôle du tableau électrique et des circuits.
Valider les trois points essentiels avant l’installation
Pour retenir la bonne solution, le projet doit répondre à trois questions complémentaires :
- Chaque borne dispose-t-elle d’un circuit adapté et de protections appropriées ?
- Les câbles et les protections sont-ils dimensionnés pour les puissances demandées ?
- La puissance totale peut-elle être maîtrisée lorsque les deux véhicules rechargent simultanément ?
Un électricien qualifié pourra vérifier ces points sur place et proposer des solutions de recharge adaptées aux besoins du logement, en tenant compte des caractéristiques réelles de l’installation et des exigences réglementaires applicables.
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